Histoire de la canne à sucre à La Réunion

La canne à sucre a fait son apparition vers 1663, grâce aux premiers colons qui se sont évertués à se procurer des plants. Ils s’en servaient pour fabriquer un alcool artisanal appelé de la raque ou du flangourin, connus sous le nom de rhum de Bourbon. Ils l’utilisaient aussi en tant que fourrage pour le bétail.

Le 9 juillet 1810, les troupes britanniques se sont emparées de La Réunion, mais l'île est retournée sous le giron français cinq années plus tard. L’un des bons côtés de la domination britannique fut l'implantation de la canne à sucre, qui supplanta rapidement les cultures vivrières.

Au commencement, la concurrence du café fut rude. Jusqu'en 1848, le café demeura la culture d'exportation principale. À partir de cette année-là, les champs de canne se sont étendus partout, grandement aidés par l’arrivée de nombreux travailleurs immigrés. Les champs d’épices furent même abattus pour lui laisser tout l’espace. C’est ainsi que la canne est devenue la culture d'exportation exclusive de Bourbon.

Au XIXe siècle, la richesse et l'économie de La Réunion dépendaient presqu’entièrement de la production de la canne à sucre. La colonie connut, entre 1850 et 1860, l’une des époques les plus bénéfiques de son histoire. Les habitants s’aperçurent rapidement que l'exploitation des roseaux et l'extraction de la sève sucrée nécessitaient des moyens techniques que les petits planteurs ne pouvaient s’offrir. Cela fut le début du processus de concentration, les plus petits propriétaires délaissant leurs moulins artisanaux pour apporter leur production à l'usine des propriétaires voisins plus fortunés. L'abolition de l'esclavage et les difficultés économiques qui en découlèrent ne firent qu'accentuer cette tendance. En 1860, il y avait 120 sucreries dans la colonie.

Dès 1860, La Réunion passa d'une impressionnante prospérité à une misérable crise financière. Elle fut causée par la première chute des prix du sucre, due à la progression de l'industrie betteravière en France et de l'ouverture du canal de Suez, coupant l’accès du cap de Bonne-Espérance.

Par la suite, il y eut la concentration des exploitations qui entraîna l’agglomération des industries. Des 13 usines encore existantes suite aux nombreuses crises, il n’en resta plus que deux : celle de Bois-Rouge au Nord et celle du Gol au Sud.

L’une des dernières difficultés majeures eut lieu dans les années 1980. Le ver blanc mit en danger la culture de la canne à sucre, provoquant des pertes massives de la production cannière lors des deux décennies suivantes jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée pour lutter contre ce parasite.

Aujourd’hui, la production de sucre de La Réunion est soutenue par les européens. Elle devra impérativement, dans un avenir proche, fortifier ces appuis pour continuer à subsister.

Recommened content