Culture de la canne à sucre à La Réunion

Située dans l'océan Indien, l'île de La Réunion dispose d’une flore considérablement variée. En effet, plus de 1000 espèces de plantes se sont graduellement établies, au bon vouloir des courants marins, des cyclones et des migrations. Avec une centaine de microclimats et de sols d'âges divers, La Réunion comporte des conditions d'installation spécifiques à l'implantation d'une flore groupée en 116 habitats et quatre types d’environnements naturels.

Bien que l'île de la Réunion représente un lieu de vacances exotiques paradisiaques auprès des touristes, l'agriculture locale se concentre d’abord sur la culture de la canne. Les champs de canne à sucre sont les principaux éléments du paysage de La Réunion, particulièrement dans l'Est. « Li Lé sucré et li lé bon » est une phrase couramment dite par les planteurs signifiant : La canne à sucre est sucrée et elle est bonne »

Qu’est-ce que la canne à sucre?

Provenant de Mélanésie, particulièrement riche en saccharose, il s’agit d’une grande graminée tropicale herbacée ayant un roseau de 2.5 m à 6 m de haut. Elle se multiplie par bouturage, c’est-à-dire en détachant un fragment de la plante mère pour le placer ensuite dans un milieu où il prendra racine.

Cette plante vivace tropicale, à la fibre juteuse et sucrée, comporte des tiges colorées, hautes et robustes ainsi que de longues feuilles vertes, claires et brillantes. Aimant la chaleur et l’humidité, la canne à sucre a trouvé l’emplacement idéal propice à son enracinement sur l’île de La Réunion.

La culture

Aujourd'hui, La Réunion est le principal producteur européen de sucre de canne. Occupant 55% des surfaces agricoles et contribuant au revenu de plus de 15 000 employés, la production annuelle s’élève à environ 200 000 tonnes de sucre, ce qui représente 80% des exportations de l'île. L'économie générée par cette plante agricole est donc essentielle pour la région.

En raison du relief particulier de l’île, les champs de canne sont établis sur la partie côtière de la Réunion, ressemblant à un collier végétal vert qui se perle de nuances roses au moment de la floraison de juin.

Cette caractéristique géographique fait en sorte que deux techniques de récolte sont utilisées : la coupe traditionnelle à la main (la plus fréquente) et la coupe mécanisée, qui ne peut être employée que sur des parcelles convenablement grandes et nivelées pour recevoir les moissonneuses. Peu importe le type de coupe, la canne à sucre est systématiquement coupée, non pas arrachée, contrairement à la betterave.

La récolte débute aux alentours du mois de juillet et se poursuit pendant plus de vingt semaines jusqu’à la fin du mois de novembre. La coupe s’accomplit ainsi pendant quatre ou cinq années consécutives et de nouvelles boutures sont ensuite replantées pour les remplacer.

Ses produits dérivés

La canne à sucre est principalement utilisée pour la production de sucre et de rhum, mais des coproduits sont aussi fabriqués : environ 12% de l'électricité produite sur l'île provient de la combustion des restes de la canne (la bagasse), symbolisant une énergie renouvelable à la place des 100 000 tonnes équivalentes en charbon.

La paille sert de litière et de fourrage pour les animaux. Les résidus des usines, communément appelés les écumes et la bagasse, sont réacheminées aux agriculteurs afin d’être utilisées comme fertilisants dans les plantations.

Les raffineries de l'île conçoivent des sucres de qualité de nuances de couleurs variées et de saveurs différentes. Une multitude de produits dérivés est créée, au grand plaisir des amateurs de sucre!

Une culture importante pour une île impressionnante!

Depuis plus de deux siècles, la canne à sucre est un véritable joyau emblématique des paysages, un atout majeur de l'attrait touristique de l'île. L’économie et la vie sociale s’étant structurées autour de sa culture, il convient de dire qu'elle valorise l’image agricole de la Réunion tout en préservant sa renommée de délicieux produits sucrés.

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