La tortue terrestre de Bourbon

La tortue terrestre de Bourbon est une espèce endémique de La Réunion, aujourd'hui disparue. De son nom scientifique Cylindrapis borbonica (ou Cylindrapis indica, son nom le plus ancien) l'espèce est assez mal connue compte tenu de sa description tardive par la science. Cependant, les documents historiques nous permettent tout de même d'en dresser quelques caractéristiques.

Les tortues terrestres sont observées en premier lieu par les navigateurs. Au début du 17ème siècle, l'île Bourbon se veut en effet un lieu de rafraichissement où l'on trouve de la nourriture en quantité abandondante, dont des tortues, comme le rapporte l'amiral hollandais du vaisseau Middelburg, Pieter Wilhem Verhooven, dans son journal de bord, le 24 décembre 1611 :

«  Cette île n’est pas habitée, mais on peut s’y procurer des vivres ; les tortues, les poissons et les oiseaux y étant très abondants »

C'est à Saint-Paul que les premiers habitants de l'île trouvent le premier lieu peuplement des tortues, en 1666. A cause des hommes, ces dernières vont sans cesse devoir reculer jusqu'au milieu 18ème siècle. Les vestiges de fossiles révèlent par ailleurs une répartition géographique curieusement limitée à la moitié ouest et sud-ouest de l'île, à savoir, la côte "sous le vent" allant de La Possession à Saint Philippe. Étonnamment, certaines populations sont également retrouvées dans des zones montagneuses d'accès difficile. 

Selon les scientifiques et les témoignages historiques, la tortue terrestre avait un grand cou, une mâchoire puissante et dentelée, de longues pattes et le mâle avait une grande queue. Leur carapace était large et plate, longue de 60 à 90 cm. Les plus grandes tortues pouvaient mesurer plus d'un mètre de long et peser jusqu'à 60 kg. De nature vraisemblablement herbivore, les tortues terrestres de La Réunion pouvaient vivre jusqu'à 100 ans.

Elles ont malheureusement été massacrées par les hommes, constituant une réserve privilégiée de viande fraiche pour les navires de la Compagnie Orientale des Indes de 1664 à 1767, en raison de leur capacité à rester en vie plusieurs mois sans manger et sans boire. Devenues un "aliment ordinaire", elles étaient également chassées par les insulaires, notamment pour leur foie, mais aussi leur huile aux nombreuses propriétés. Considérée comme une ressource inépuisable par nos ancêtres, les tortues se feront néanmoins de plus en plus rares avant de disparaitre complètement du littoral en 1777, à l'exception d'une population isolée de Cilaos qui se serait éteinte vers 1840.

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