Pesticides : Le gouvernement cède à la pression des grands céréaliers

Alors que le président Macron se présentait comme le défenseur de l'écologie contre un Trump climatosceptique, les premières décisions en matière de politique agricole de son gouvernement sont loin d'être écologiques. "Make our planet...
Alors que le président Macron se présentait comme le défenseur de l'écologie contre un Trump climatosceptique, les premières décisions en matière de politique agricole de son gouvernement sont loin d'être écologiques. "Make our planet great again", but another day. Le 4 octobre prochain, la Commission Européenne se propose de reconduire pour 10 ans l'autorisation du glyphosate, pesticide le plus utilisé au monde, très controversé. Fin août, Nicolas Hulot, ministre de de la Transition écologique et solidaire, promettait la fin du glyphosate durant le quinquennat, à la satisfaction des associations de défense de l'environnement, mais à la grande colère du syndicat d'agriculteurs FNSEA, qui compte en ses rangs de grands propriétaires terriens, notamment les céréaliers, adeptes d'une agriculture intensive et productiviste, par ailleurs grande consommatrice de subventions européennes. Le glyphosate est utilisé en grande quantité par les agriculteurs, c'est un herbicide non-sélectif, c'est à dire qu'il tue toute forme de vie végétale, mais aussi les champignons. Il est présent dans presque 750 produits, le plus connu étant le Roundup, de la firme Monsanto. Chaque année dans le monde, 700 000 tonnes de glyphosate sont vendues, dont 8000 tonnes en France. Or, il existe de forts soupçons quant à sa toxicité pour les humains, malgré les études diligentées par les laboratoires affirmant le contraire. Le Centre International de Recherche sur le Cancer, émanation de l'OMS, donc de l'ONU, le classe comme cancérigène probable, il serait à l'origine de certains cancers du sang. Depuis des années, les ONG de défense de l'environnement, les écologistes, mais aussi le syndicat d'agriculteurs "Confédération paysanne", luttent pour son interdiction. Une étude publiée le 14 septembre révèle que plus de la moitié des aliments testés contiennent des traces de glyphosate, dont sept céréales de petit déjeuner sur huit. Le glyphosate est, comme les autres pesticides, décrié pour son rôle dans la disparition des abeilles, du fait de sa non-spécificité, il détruit les sources de pollen, dont ces insectes indispensables à l'écosystème se nourrissent. Nicolas Hulot avait promis l'interdiction, promesse réitérée par le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, qui a dit ce lundi 25 septembre que le glyphosate serait "interdit en France d’ici à la fin du quinquennat" pour tous les usages, agriculture comprise, avant de revenir sur ses propos. "Avant la fin du quinquennat, le gouvernement s’engage à obtenir des progrès significatifs pour tous les pesticides", a-t-il précisé quelques heures plus tard. Dans ce laps de temps, 200 agriculteurs de la FNSEA ont manifesté leur colère, bloquant les Champs-Élysées. Ce revirement semble en contradiction avec la phrase prononcée par Emmanuel Macron à New-York il y a une semaine : "la démocratie ne se fait pas dans la rue". Par ailleurs, le gouvernement a annoncé la fin des aides au maintien en agriculture biologique, au grand dam des partisans d'une agriculture respectueuse de l'environnement.

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